Wedding and Liberty

« Un, c’est la folie. Deux, c’est la fatalité. Trois, c’est la liberté ». Tel était le credo qu’affichait un ami, avec qui j’aimais bien refaire le monde à l’heure où le soleil dort, quand j’étais étudiant. Il me répétait souvent cette espèce d’aphorisme qui résumait, selon lui, les difficultés et les contradictions inhérentes à toute alliance. Depuis, cet ami est devenu professeur de philosophie au lycée, il sait donc défendre ses thèses avec des références élevées. Mais voici comment, à cette époque primesautière où il nous arrivait de tremper le nez dans la bière, il défendait sa table des correspondances : « C’est vrai, quoi. Si tu pètes et que tu es seul, pas de retenue, tu peux y aller tant que tu veux. Tu es fou. À deux, tu es pris dans un piège fatal : si ce n’est pas moi qui ai pété, c’est l’autre. À partir de trois, le coupable n’est plus identifiable, donc c’est la liberté. » Philosophie magazine, N61

Wedding and Liberty by Daria Marchenko